ARTICLE LE FIGARO : FARC DEMOBILISES

ARTICLE LE FIGARO : FARC DEMOBILISES
Engagée à 12 ans, Diana Patricia (ici avec son mari) a été dénoncée par un voisin. Elle suit depuis un programme de réinsertion .

Ces guérilleros qui abandonnent les Farc.

Souvent engagés dans les rangs de la rébellion colombienne dès leur adolescence, ils sont plusieurs milliers à avoir déserté les rangs de la guérilla. Témoignages.

Lievana Wilson a 40 ans. Il est resté dix-huit ans dans les Forces armes révolutionnaires de Colombie (Farc), la rébellion marxiste qui détenait Ingrid Betancourt. Il met en avant des préoccupations sociales pour expliquer son adhésion à la guérilla. «Je me suis engagé dans les Farc quand ma mère est morte. Les Farc proposaient leur aide. Je devais m'occuper de mes frères. Alors j'ai commencé à travailler avec eux.» Dans la région de Guaviare dont il est originaire, les Farc représentaient la seule autorité et remplaçaient l'État, irrémédiablement absent.

Les cinq premières années, Lievana Wilson a combattu l'armée et les paramilitaires, puis il a encadré «les milices bolivariennes», les forces de l'ordre que les Farc organisent dans les zones qu'elles contrôlent. «J'avais 185 hommes sous mes ordres. Je m'occupais de percevoir les impôts que les paysans et les entreprises nous versaient. Dans la région, beaucoup de drogue circule. Nous touchions un impôt sur ces mouvements.»
«Même la police et l'armée nous vendaient des armes»

L'ancien guérillero nous reçoit dans une jolie maison de la vieille ville de Bogota où l'association Casa Gaitan s'efforce de faciliter la réintégration des démobilisés des groupes armés. Un travail gigantesque entre les 30 000 paramilitaires démobilisés et les milliers de repentis des Farc. Mais un travail indispensable car la population se méfie des anciens guérilleros. Bien souvent, ils ont dû quitter leur région d'origine avec leur famille pour échapper aux menaces des Farc, qui craignent qu'ils ne renseignent l'armée colombienne. Wilson a quitté la région avec sa femme, son enfant et la famille de son frère. «Je ne voulais pas que mon enfant de 14 ans suive le même chemin que moi. Les recruteurs avaient commencé à l'approcher.»

Diana Patricia a 21 ans. Elle s'est engagée dans les Farc à 12 ans. «Je vivais dans la rue après avoir été violée dans ma famille. C'est la seule porte de sortie que j'ai trouvée. Au début, ils ne m'ont donné qu'un pistolet Beretta. Ce n'est que plus tard qu'ils m'ont confié un AK 47.» À 14 ans, les rebelles l'ont formée pour qu'elle puisse assurer les communications radio. Un villageois l'a dénoncée à la police comme membre des Farc. Elle avait 17 ans. L'aide sociale à l'enfance l'a prise en charge. Son fils Andres est né alors qu'elle était encore dans la guérilla. Depuis sa démobilisation, elle s'est mariée et a eu un autre enfant. «Je suis maintenant le programme de réinsertion du gouvernement. Ils me donnent un peu d'argent pour que je participe aux cours de resocialisation», explique-t-elle timidement.
Sabas, 39 ans, est paraplégique. Il y a quatre ans, les paramilitaires sont entrés dans sa maison où il vivait avec sa femme et ses deux enfants. Ils l'ont laissé pour mort après lui avoir tiré trois balles à bout portant. «Je m'occupais de la logistique du bloc caraïbe. J'allais acheter la nourriture, le tissu pour les uniformes et surtout les armes dans le port de Baranquilla. Les armes venaient en grande partie du Panama. Même la police et l'armée nous en revendaient.»
«La situation s'est dégradée petit à petit»

Il explique s'être engagé par conviction. Mais, petit à petit, l'idéologie s'est délitée entre les trafics de drogue, les extorsions de fonds et les enlèvements. «Nous avions des camions pour le transport de marchandises et des bus pour les troupes, enregistrés au nom d'une entreprise qui nous servait d'homme de paille», explique-t-il.

Pour Edisson, l'histoire a commencé par les jeunesses communistes. À 26 ans, il est démobilisé depuis deux ans. «Je lisais beaucoup, Marx, Lénine, des livres sur la révolution cubaine quand j'étais adolescent.» Il vient du département de Huila, l'un des principaux producteurs de riz du pays. «Nous organisions des vendredis culturels pendant lesquels nous commentions les actualités de la semaine. C'est là que nous avons commencé à évoquer la démobilisation.» Son front est le seul à avoir déserté collectivement en 2006. Une centaine de combattants, dont 7 enfants.

«La situation s'est dégradée petit à petit. Au début, nous faisions des projets avec les paysans qui nous accueillaient très bien. Ainsi nous avons appuyé l'élection du gouverneur en échange de sa promesse une fois élu de construire une route pour faciliter nos déplacements.» Aujourd'hui, il participe au programme de réinsertion de la ville de Bogota, dirigé par Dario Villamizar, un ancien guérillero du M19, démobilisé lui au début des années 1990.
# Posté le jeudi 10 juillet 2008 07:30

ARTICLE EL ESPECTATOR

ARTICLE EL ESPECTATOR
Dans les 12 dernières années, environ 300 enfants ont été enlevés par la guérilla.

LES PETITS PRISIONNIERS DE LA FARC.

Antioquia tient le plus grand nombre de mineurs retenus par la guérilla.

Le cas de Joel Pinto , de 22 mois fut la dernière séquestration qui a eu le plus grand déploiement médiatique.

Cundinamarca et Bogotá occupent la deuxième et la troisième place dans le tableau d'avancement des régions les plus affectées par la séquestration de mineurs de la part des Farc dans les douze dernières années. Dès 1996, et jusqu'au 25 juin de cette année, selon les dénonciations d'une séquestration, dans Cundinamarca 33 cas ont été donnés et dans la capitale du pays, 24. Les chiffres ont été publiés la semaine passée par la Direction d'Antiséquestration et d'Antiextorsion de la Police Nationale.
La révélation de cette classification - dans laquelle Antioquia se trouve en premier lieu avec 46 cas, et les dernieres places sont occupées par l'Atlantico, Guaviare, Quindío et Vaupés, avec un cas chacun -qui a revécul'histoire de la séquestration de mineurs dans la capitale du pays et dans Cundinamarca. Dans lesquelles ces régions ont été la cible des Farc pour la séquestration d'enfants ?
Selon le Gaula de la Police : "Les groupes en marge de la loi et de la délinquance commune incorporent les enfants comme combattants(combattantes) dans ses files". Bien que les caractéristiques des mineurs séquestrés par des membres de groupes armés ne soient pas généralisées, dans le Gaula ils reconnaissent que les victimes de ce genre de séquestration sont, principalement, "les enfants qui proviennent en général d'une couche socio-économique basse qu'ils vivent dans des zones rurales et appartiennent à des familles séparées, ce qui facilite l'adaptation à leurs captures. A Bogota les secteurs les plus affectés sont Ciudad Bolivar et les localités de couche zéro et un.

HISTOIRES DE SEQUESTRATIONS

En 2000, deux histoires de séquestration de mineurs à Bogota perpétrés par les farc furent des nouvelles de premier plan dans les médias parce qu'elles sont arrivées presque en même temps et parce que les familiers des deux mineurs se sont confrontés chez un journaliste, en direct à Raúl Reyes - le porte-parole politique de la guérilla, abattu le 1 er mars 2008-, qui à leur a assuré que les Farc n'avaient pas les enfants. Cela a continué d'être dans les journaux pendant un an et demi quand fut libérer le dernier des deux mineurs.

Les infortunés protagonistes furent Clara Olivia Pantoja âgée de 9 ans et Andres Felipe Navas de 3 ans. La petite fille fut la première victime. Sa séquestration arriva le 22 mars 2000 dans le nord de Bogota. Les preneurs d'otages exigent 8 millions de dollars pour rendre la mineure. Deux semaines après , le 7 avril, des hommes armés font irruption dans la résidence du petit Andres Felipe Navas aussi dans la capitale du pays.
Il y a plus de détails dans la presse pour la séquestration de Andres Felipe . Il est dit que quelques heures après l'enlèvement les preneurs d'otages communiquent avec la famille. Ils demandent que Marisol Suarez, mère du petit garçon, qui était sur le point de recevoir le titre de médecin aille à Mesetas dans le Meta , une région qui se trouve à l'intérieur de la zone que le gouvernement du président Andres Pastrana a démilitarisée et a remis aux Farc pour avancer dans les conciliations de paix. Ils ont dit qu'ils avaient besoin que la femme accueille les guerilleros blessés. La famille du petit n'a pas accepté, alors les guerilleros ont exigé quatre millions de dollars pour sa liberté. C'est le dernier contact qu'elle a eu avec les Farc.
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# Posté le mardi 08 juillet 2008 05:49

CLARA PARLE DE SA RENCONTRE AVEC INGRID

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# Posté le lundi 07 juillet 2008 04:55

CLARA VA RENCONTRER INGRID

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# Posté le lundi 07 juillet 2008 04:48

ARTICLE LE JOURNAL DU DIMANCHE

ARTICLE LE JOURNAL DU DIMANCHE
"Elle voulait mourir".

Ingrid Betancourt, sitôt libérée, l'a présenté elle-même comme celui qui lui a sauvé la vie. William, "l'infirmier" qui a soigné la Franco-Colombienne quand elle était au plus mal, témoigne.

"Sa force, c'était ma force, et ma force c'était sa force. Les choses marchaient ainsi entre nous." William Perez est un héros de l'ombre. Enlevé en 1998 par les Farc, sa vie brisée a croisé celle d'une femme qu'il n'aurait sans doute jamais approchée en d'autres circonstances. Il l'a veillée, soignée, soutenue et consolée. Il a sans doute ainsi sauvé la plus célèbre des otages retenus par les guérilleros colombiens, Ingrid Betancourt. Libéré en même temps que cette improbable amie de fortune mercredi, le caporal infirmier de la jungle, 36 ans, a accordé un entretien exclusif à l'hebdomadaire colombien Semana, avant de rejoindre l'ombre et l'anonymat.

William Perez s'occupait de distribuer le peu de médicaments que lui donnaient les Farc. S'il admet n'avoir pas pu assister l'amie d'Ingrid, Clara Rojas, lors de son accouchement sauvage, il a pu en revanche veiller sur l'ancienne candidate à la présidence colombienne. "Quand il y en avait un qui se sentait mal, l'autre l'aidait, et inversement. On essayait toujours de regarder le côté positif de notre situation, même si elle ne l'était en aucun cas."

William revient alors longuement sur les terribles moments où Ingrid a été particulièrement malade. "Elle voulait juste mourir, dit-il simplement, elle avait vraiment perdu tout désir de continuer. C'était terrifiant. Je savais qu'elle me faisait confiance en me racontant tout ça, mais je ne pouvais pas la laisser aller ainsi, je me devais de lui remonter le moral." Ou même de l'aider physiquement lors de ces longues marches que les Farc affectionnent
particulièrement lorsqu'ils passent leur temps à déplacer sans ménagement leurs nombreux otages. "Quand elle ne pouvait plus monter les collines, qu'elle n'avait vraiment plus aucune force, je la portais."

"Comme avec les enfants, je lui ai donné la becquée"

Mais, au cours de cette longue et implacable maladie, Ingrid Betancourt perd totalement espoir. Elle évoque alors l'envie d'en finir. William Perez ne veut, ne peut l'entendre. On ne badine pas avec le suicide dans cette Colombie croyante.

"Dans la jungle, affirme-t-il, on a tous eu des moments de désespoir, mais jamais personne n'a essayé de se suicider. Ingrid avait atteint un point de non-retour et c'est à ce moment-là qu'elle a voulu cesser de s'alimenter. Cela devenait très dangereux pour elle. Elle faisait semblant d'accepter la nourriture de nos geôliers mais, en fait, elle la jetait en douce. Parfois, elle gardait les biscuits mais c'était loin d'être suffisant. Alors,
j'ai fait comme avec les enfants, je lui ai donné la becquée. Je lui disais: "Une cuillère pour maman, une cuillère pour Mélanie et une cuillère pour Lorenzo." Evoquer sa famille lui redonnait toujours des forces, même quand elle ne voulait plus en avoir. Il fallait surtout la nourrir avec soin car elle
ne pouvait plus rien avaler et vomissait tout ce qu'elle ingurgitait. Les preuves de vie que vous avez vues et qui ont scandalisé le monde dataient pourtant d'un moment où sa santé s'améliorait. Pouvez-vous imaginer dans quel état elle a été?"
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# Posté le dimanche 06 juillet 2008 17:35